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Saperlipopette!

Mon enfant ressemble trop à mon ex!

Par Sylviane Pittet, tiré de www.femina.ch

On ne supportait déjà plus son ex-conjoint en peinture
et voilà que son enfant en devient la photocopie.
Et vlan, on le lui envoie à la figure quand il nous énerve.
Ça fait beaucoup de dégâts, docteur?

C’est une petite phrase de rien du tout: «Il est tout le portrait de son père!» Sans conséquence lorsque l’on aime ledit père, sinon un certain attendrissement. Quand ce n’est pas (ou plutôt plus) le cas, ça fait mal. Comme si les séparations mal vécues le devenaient plus encore lorsque les enfants ressemblent aux parents déchirés. Paul, la trentaine aujourd’hui, se souvient de son sentiment d’impuissance lorsque sa mère lui lançait à la figure qu’il était le portrait craché de son père, un homme qu’elle critiquait sans arrêt.
«J’étais anéanti, comme vidé de mes forces et incapable de réagir.»

Ce sentiment d’impuissance évoqué par Paul, France Frascarolo-Moutino, psychologue au Centre d’étude
de la famille à Prilly, l’explique sans peine. «Vu qu’il porte en lui un double héritage, celui de son père
et de sa mère, l’enfant dont on critique un parent se sent rejeté.»
Avec pour conséquence un manque d’amour-propre et de confiance en soi.
«Quand on critique son enfant en regard de son parent, on ne réalise pas toujours à quel point on risque d’atteindre à la personnalité du petit, à l’essence même de sa personne.»
Et pourtant on le fait, de façon plus ou moins consciente parce qu’on n’arrive simplement pas à faire autrement.

C’est le cas de Laure, fraîchement divorcée, qui retrouve son ex-mari chaque matin à la table du petit-déjeuner. Ben oui! Antoine, son fils âgé de 8 ans, ressemble comme deux gouttes d’eau à son papa.
Tant par les traits que par son caractère. «Antoine est renfermé et impatient comme son père», raconte-t-elle. Elle aurait préféré que le petit n’hérite pas de ces «défauts»?
Evidemment, mais elle ne s’appesantit pas sur le sujet, qui reste sensible. Critiquer son enfant, miroir de son ex, c’est critiquer la chair de sa chair quand même. Compliqué, quoi. Laure note simplement qu’Antoine ressemble «moins» à son père depuis que ce dernier ne vit plus avec eux. Et elle s’en réjouit. «Mon fils s’identifie davantage à moi et à mon caractère plus ouvert.»

Le cap de l'adolescence
A en croire le psychiatre français Daniel Marcelli, ce besoin d’identification, nécessaire à la formation de la personnalité, culmine chez les adolescents, après la puberté. Et au chapitre des ressemblances, les accords père/fils et mère/fille jouent une partition sans fausse note. Nul besoin de faire un dessin, ces similitudes deviennent pénibles quand les relations entre les parents séparés sont mauvaises.
Des piques comme «Arrête de te goinfrer, on dirait ton père!» donnent à l’ado une piètre image de lui, entachant au passage celle de son père. Blessé, il arrive que le jeune en rajoute une louche pour
ressembler un peu plus encore à ce père mal aimé. Question de loyauté.

Lorine, 16 ans, n’a pas grand-chose à faire pour être comme son père, elle en est le portrait craché.
«Depuis quelque temps, on en rigole même, raconte Patricia, sa mère. Jusqu’à l’adolescence, Lorine avait ses mains, ses cheveux, ses yeux et on espérait qu’elle n’aurait pas son nez, disons, plutôt présent.»
Raté, le nez de Lorine ressemble à celui de papa. Question personnalité, l’adolescente porte l’empreinte
de la famille paternelle, des gens «impulsifs et chaleureux». Si Patricia dit n’avoir «pas de problème» avec ces ressemblances, elle reconnaît que ça l’a agacée par moments. «J’ai viré mon ex et je me retrouve avec une sacrée part de lui à la maison!» lâche-t-elle.

Ce n’est pas l’agacement, mais bien la crainte qui saisit Bastienne, 44 ans, lorsqu’elle observe son fils âgé de 14 ans entrer de plain-pied dans l’adolescence: «Sa façon de se tenir à table ou ses mimiques quand il s’énerve me font trop penser à mon ex-mari. J’ai peur qu’il devienne colérique et violent comme lui.» Une appréhension légitime? Certainement pas. Parfois, l’ado copie volontairement son père par simple opposition à sa mère (ou inversement). «Un adolescent emprunte fréquemment des traits de caractère à son père et à sa mère, mais il déteste les remarques à ce sujet», souligne le psychiatre Daniel Marcelli. Afin de grandir et évoluer librement, le jeune devrait se sentir libre de ressembler à qui il veut pour le temps qu’il veut. «L’identité se construit ainsi, par identifications successives.»

Le pouvoir du temps
Son identité, Lorine, 16 ans, se l’approprie plutôt sereinement. Depuis que la situation s’est apaisée entre ses parents, en particulier lorsque chacun s’est remis en couple de son côté il y a quelques années. Plus facile et moins douloureux désormais de mettre des mots, des adjectifs sur ces ressemblances et ces agacements héréditaires. «Quelquefois, Lorine s’en rend compte elle-même, raconte Patricia, sa mère. Elle me dit: «Ouh! là là! je suis en train de virer maniaque comme papa!» Et avec le temps, Patricia se surprend, quinze ans après la séparation, à vanter les mérites de son ex sans se forcer. «Il est organisé, c’est un grand voyageur. Et puis faut pas exagérer non plus: son père, je l’ai quand même aimé à un moment donné, non?» Sans doute, mais l’amour a parfois la mémoire courte.

Stop aux comparaisons!

7 conseils pratiques de France Frascarolo-Moutinot, psychologue.

  • En colère, vous avez hurlé à votre fille qu’elle était aussi bête que son père. Revenez sur l’événement une fois le calme retrouvé, en disant: «Tu ressembles à ton père, qui a des qualités.
    C’est pour ça que je l’ai aimé.»
  • Cherchez – même si ça ne va pas de soi – les qualités de votre ancien conjoint. Il est pingre? On peut dire économe. Colérique? Disons qu’il a du caractère.
  • Réalisez que votre agacement contre votre ex ne regarde en rien votre progéniture. Du tout.
  • Pourquoi envoyez-vous ces vannes? Si vous craignez que votre fille ne «finisse» comme son père, focaliser sur ses défauts ne peut qu’empirer les choses.
    Elle finira effectivement par lui ressembler «en mal».
  • Essayez de vous mettre un instant à la place de votre enfant. Vous le critiquez ainsi que son paternel. Quelle porte de sortie lui laissez-vous?
  • Si vous n’arrivez pas à vous interdire d’exploser de temps à autre, excusez-vous auprès de votre enfant. «Tu as le droit de te boucher les oreilles, je ne devrais pas dire ça.»
  • Souvenez-vous, les désaccords entre les parents après une séparation sont plus douloureux pour les enfants que le divorce en tant que tel.

Pipi au lit, c’est grave docteur?


Texte Nathalie Aguilar-Praz, tiré de
www.femina.ch

A 6 ans, votre enfant mouille toujours son lit. Est-ce le moment de vous inquiéter ou non?
Les réponses d’une spécialiste.

L’énurésie nocturne, c’est quoi?

C’est lorsqu’un enfant fait pipi au lit la nuit alors qu’il est propre le jour. On parle d’énurésie primaire lorsque l’enfant n’a jamais été propre et d’énurésie secondaire s’il n’utilisait plus de couches pour dormir depuis plus de six mois. Quinze pour cent des enfants de 5 ans souffrent d’énurésie nocturne; 10% des enfants de 8 ans; 3% des enfants de 12 ans et 1% des enfants de 15 ans.

Quelles en sont les causes?

L’énurésie semble avoir une origine familiale. Le risque pour un enfant d’être énurétique est de 77% si les deux parents l’ont été et de 44% si seulement l’un des deux parents en a souffert. L’énurésie secondaire peut être déclenchée par une infection urinaire ou à la suite d’un événement affectif ou social perturbant comme la rentrée scolaire, un divorce, etc.

Quand faut-il s’inquiéter?

Jusqu’à 6 ans pour une fille et 7 ans pour un garçon, faire pipi au lit n’est pas considéré comme grave. Même si cela peut sembler tard pour les parents. Passé cet âge, il faut consulter un pédiatre, qui pratiquera un examen simple des urines. Si elles ne sont pas assez concentrées, cela pourrait démontrer un dysfonctionnement des reins.

Que faut-il faire pour les aider?

– Laissez l’enfant tranquille avant 5 ans.
– Envisagez un traitement quand l’enfant peut s’impliquer, ce qui est rare avant 7 ans.
– Limitez les boissons 2 heures avant le coucher. Un seul verre à table.
– Supprimez le biberon de lait du soir.
– Faites-le vider la vessie avant de le mettre au lit.
– Réveillez-le pour lui faire faire pipi avant 23 heures (première partie de nuit).
– Facilitez l’accès aux toilettes.
– Tenez un calendrier (soleil/nuages) avec l’enfant et récompensez-le d’un petit cadeau après x nuits propres.
– Remplacez ses Pampers par une alèze pour le responsabiliser. S’il dort avec une couche, il aura davantage tendance à faire pipi dedans.

Mettez ces mesures en place dans une période sereine. Inutile donc de démarrer lors de la rentrée scolaire, qui stresse déjà l’enfant.

A éviter

– Culpabiliser l’enfant.
– Le comparer aux autres ou à sa petite sœur, qui était propre à 3 ans.
– Le punir.
– Lui faire laver les draps afin «qu’il comprenne».
– Lui donner des boissons à base de caféine comme le Coca qui augmentent l’énurésie.

L’objet coup de pouce

Les sleep shorts Drynites
Ces «caleçons pyjamas», vendus à la Migros, permettent aux plus grands de remplacer le Pampers («pour les bébés!»).

Ainsi, si votre enfant dort chez un copain, il se sentira plus à l’aise que s’il devait porter une couche normale. Existe en taille 4-7 ans et 8-12 ans.

Remerciements à Paloma Parvex, médecin associée à l’unité de néphrologie pédiatrique des HUG à Genève.